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jeudi 6 août 2015

Loi Renseignement : au tour de CaliOpen de quitter la France

Décidément, il ne fait pas bon se poser en France quand un projet se veut sécurisant en matière d'échanges numériques. Depuis que la Loi Renseignement a été votée, promulguée et validée par les vieux briscards du Conseil Constitutionnel, les associations, hébergeurs et tenants de projets dont le maître-mot est "confidentialité" s'en vont tour à tour de ce qui pourrait être le futur "pays du flicage", même si c'était déjà le cas de manière officieuse.

Toujours sous le prétexte fallacieux de "lutter contre le terrorisme", la France n'a jamais cessé de vouloir espionner, fliquer, récupérer en masse les données personnelles de ses citoyens, sans exception. Déjà parce que ces données peuvent rapporter très gros, les entreprises étant très friandes de ces données qui leur permettrait de nous assommer à coup de publicités ciblées, mais aussi car, selon les abrutis qui composent nos élites, nous sommes tous potentiellement des terroristes sans le savoir. 

Mais merde, comment je fais moi du coup? Si je tape sur DuckDuckGo "Ben Laden n'est pas mort", qu'est-ce que je risque? De multiples gardes à vue pour "apologie du plus grand terroriste blablabla" ou même pire: "négationniste"? Dans ce cas là, j'aurai l'étiquette de "nazi" à vie sur mon front... D'autant plus que Ben Laden est mort en 2001 et pas en 2011 dans un assaut au Pakistan...




Et de trois. Après l'hébergeur français Altern.org, qui avait annoncé dès le 17 avril son intention de déménager hors de France en réaction au projet de loi sur le renseignement, et le service Eu.org, qui a pris une décision similaire au même moment, c'est au tour du projet CaliOpen de faire savoir son intention de quitter le pays dans les plus brefs délais afin d'échapper à cette nouvelle législation.

Dans un article publié ce mercredi, CaliOpen explique qu'il n'est pas raisonnable de poursuivre ses activités en France sans prendre le risque de porter tôt ou tard atteinte aux idéaux qu'il veut défendre dans son projet. Il faut donc partir. Et même si la destination d'arrivée n'est pas encore décidée avec certitude, le choix du Luxembourg a pour le moment les préférences de l'équipe.

"Quel que soit le destin du texte après son examen par le Conseil constitutionnel, il nous paraît impossible de garantir aux futurs usagers de CaliOpen une véritable confidentialité si leurs données devaient dépendre d'un pays dont les représentants élus ont voté en faveur de l'installation de boîtes noires au sein des fournisseurs d'accès à Internet et des hébergeurs web".

Anticipant les critiques qui pourraient se manifester à en cas d'un déménagement au Luxembourg, CaliOpen déclare que cette destination n'a pas été choisie pour des considérations fiscales mais pour la proximité géographique et linguistique, et "particulièrement pour la garantie de non-ingérence de l'État au regard des informations confidentielles que la future entité sera amenée à gérer".

Bâti selon le principe du logiciel libre, Caliopen est un projet dirigé par Laurent Chemla, un informaticien connu pour avoir fondé le bureau d'enregistrement Gandi et pour son opposition remarquée lors des débats parlementaires sur la loi Hadopi. En sommeil pendant un temps, CaliOpen a été remis sur les rails à la suite des révélations d'Edward Snowden sur la surveillance de masse déployée par la NSA.



Sources: